• Après la mort de ses parents, Zakharian grandit dans l'immédiat après-guerre, en Autriche. Nostalgique du Reich, il adule la beauté de sa cousine Ilse, poétesse et romancière promise à la renommée. Mais il exècre ses engagements généreux, sa foi en la possibilité d'une autre Allemagne.
    De la passion orageuse de la jeune femme pour Lenz, poète juif rescapé de l'holocauste, il devient malgré lui le témoin.

  • Conte moderne au regard acéré, centré sur le combat de Léo contre l'illettrisme, le nouveau roman de Cécile Ladjali ouvre une voie imprévue et poétique sur l'invisible déficience d'un jeune homme d'une grande pureté, sensible au monde et aux autres, qui tente de renouer avec l'infinie et prodigieuse conquête du langage.

  • Les sept péchés capitaux, ce n'est pas seulement de la théologie, c'est aussi de la littérature. Il fallait Cécile Ladjali, l'autrice de Corps et âme, pour nous raconter les délices et les délires mortifères de la gloutonnerie.
    "Marie se délecte d'admirer les participants en train de pétrir les pâtes, fouetter les crèmes, battre les oeufs, effiler les légumes, confire les fruits, concasser les noix, piler les poivres, cuire les sirops, griller les viandes, pocher les oeufs, paner les poissons, blanchir les sucres. Ce ballet la réjouit. Ce concert des goûts l'enchante. La concurrence entre les cuisiniers est rude. Et toujours déloyale.

  • La quête des origines et l'origine de la création se confondent dans la vie de Luce Notte, étudiante berlinoise partie sur les traces d'un père fantôme. À la faveur de "coïncidences supérieures", elle croise ainsi le chemin de Franz Kafka, à Prague, puis bien des années plus tard, de Sadeg Hedayat, à Paris. Des écrivains aux fortes affinités électives, oppressés tous deux par la tentation du suicide et la destruction de leurs textes. Devenue l'héritière fortuite de deux inédits des maîtres, Luce incarne la puissance de rêve du lecteur pour faire exister les livres. Son vertige, devant la beauté de cette esthétique spectrale, est aussi celui de l'oeuvre au noir qui nourrit tout écrivain.

  • A Mounïak, aux franges du désert kazakh qui s'étend dans le lit de la mer d'Aral asséchée, Alexeï, un jeune violoncelliste, sombre dans la surdité à mesure que son pays devient de sable, et tente de construire malgré tout sa vie familiale, amoureuse et artistique.

  • Se faisant la narratrice de sa propre histoire, Cécile l'enfant adoptée, acculée au silence et à la nuit, assume et explore, dans un méticuleux travail de reconstitution, la recherche d'une unité originelle perdue. Roman d'une quête : celle des origines, d'une vérité, et du langage à travers l'oeuvre à faire pour enfin pouvoir dire le monde et se dire.

  • Pour la collection "Essences", Cécile Ladjali a accepté de se prêter au jeu des réminiscences olfactives. Pour elle, celui-ci part d'un tableau de George de La Tour : La Madeleine à la veilleuse. Puis se dévoile au fil des trois autres tableaux représentant cette courtisane si singulière. Corps et âme est le voyage dans l'imaginaire d'une femme qui a parfumé le corps du Christ.

  • Louis est dans les tranchées de la guerre de 14. Lorette vit à Saint-Germain-des-Prés dans les années 1950. Tous deux écrivent des lettres, à ceux qu'ils aiment et à ceux qui leur manquent ; des lettres pour ne pas mourir. Et comme dans une composition à quatre mains, les vies parallèles de ces deux inconnus finissent par se croiser quelques secondes à l'intersection d'un point imaginaire.

  •   À l'Université de Lausanne en hiver, comme à Téhéran, où se poursuivent les cours au printemps, l'enseignement singulier et la mystérieuse personne de Bénédict Laudes, professeur de littérature comparée, inspirent troubles passions et sentiments contradictoires aux étudiants, filles et garçons confondus. La densité du noir et blanc, entre Orient et Occident, donne ses couleurs au nouveau roman de Cécile Ladjali, romancière d'origine iranienne qui renoue ici avec les motifs fondamentaux qui jalonnent son oeuvre : la terre des origines, la fusion des contraires et la transmission.

  • Hamlet, israélien, et Electre, palestinienne, doivent venger leurs pères respectifs. Oreste, troublé par la similarité de leurs histoires, fait en sorte qu'ils se rencontrent tous les trois à Haïfa. Ils se donnent quarante jours pour mener à bien leur projet, en s'échangeant leurs meurtres.

    PERSONNAGES : une vingtaine d'hommes, une dizaine de femmes. Durée : 2 h.

  • Deux têtes coupées (les souffleurs), deux jumeaux incestueux, un palais vénitien aux pieds palmés, un comte amateur d'absinthe, un majordome (toujours) précédé de ses gants blancs, un bonnet de bain rose et un seul théâtre pour deux représentations rivales : Shakespeare et Racine en ébullition.

  • Dans un manoir anglais, à la fin du XIXème siècle, Emily Pearl est employée comme préceptrice du fils d'un Lord. Dans son journal, elle fantasme une chronique de ses bonheurs et frustrations, de ses amours avec le maître des lieux, de ses grands rêves qui s'étiolent loin de sa soeur Virginia, partie vivre en Amérique.

  • Mort et vie d'Ajax, chauffeur de taxi banlieusard, devenu peintre et architecte, parti à New York puis en terre de Crimée pour réaliser son chef-d'oeuvre - une chapelle - et éprouver l'art jusqu'au suicide.

  • À quoi sert la littérature ? se demandait naguère Jean-Paul Sartre. À quoi sert ma bibliothèque ? s'interroge aujourd'hui Cécile Ladjali, lectrice au goût traditionnel assumé, qui est aussi l'auteur de fictions résolument modernes. Pour répondre à cette question qui engage sa vie même, elle conduit son lecteur à travers le labyrinthe des milliers d'oeuvres qui occupent ses rayonnages : elle l'attire dans l'intimité de son va-et-vient entre lecture et écriture et scrute avec lui les interactions secrètes entre ces oeuvres et ses propres textes en cours d'élaboration.
    En professeur exigeante et généreuse, elle nous aide à déchiffrer l'extrême contemporain à travers le prisme des textes fondateurs, invitant à interroger, avec des auteurs aussi variés que Montaigne ou Hannah Arendt, Baudelaire ou Paul Celan, le temps présent à travers le langage, poussant l'étudiant et le lecteur à s'installer à son tour à la place de l'écrivain.
    En héritière de Proust, elle oppose à notre présent fait d'immédiateté, de vitesse, du sens le plus littéral qui soit, la fiction qui nous oblige à déplacer notre point de vue, à penser le dédale des formes et du sens.
    Un véritable chant d'amour à la littérature.
    Cécile Ladjali, née en 1971 et d'origine iranienne, enseigne la littérature à la Sorbonne Nouvelle. Auteur de Mauvaise langue (Seuil, 2007), un essai qui lui a valu le prix Fémina pour la défense de la langue française, elle écrit également des romans parmi lesquels Shâb ou la nuit (Actes-Sud, 2013) est le plus récent.

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