• Kaléidoscope

    Paul Andreu

    À travers le récit de plusieurs personnages plus ou moins proches d'un architecte tout juste décédé, le dernier roman de Paul Andreu tisse la toile des vies qui se croisent et se manquent. Un texte lumineux.
    Un architecte célèbre vient de mourir. Il laisse derrière lui de nombreuses réalisations, des projets encore inachevés, certains n'ayant jamais vu le jour, mais aussi une famille, des amis, des proches, eux-mêmes ayant eu une vie remplie de projets et d'autres rencontres.
    Tirant le fil des liens qui ont pu exister entre ces hommes et ces femmes, le roman déroule les récits de différents personnages qui se racontent et dont l'itinéraire recoupe plus moins fortement la trajectoire de l'architecte : l'amante que personne ne se souciera de prévenir et dont personne ne soulagera la peine ; l'astrophysicien porté par son histoire d'amour avec une grande éditrice parisienne ; la femme de l'architecte, la seule ayant su pour l'amante ; le peintre, ami de l'astrophysicien, qui apprenant sa mort accidentelle se souvient du trio amoureux qu'ils ont formé avec une jeune avocate; le jeune architecte en charge à l'étranger d'un chantier dont l'initiateur ne sera plus là pour le voir réalisé....
    Habilement construit, le roman démultiplie la narration sans aucun artifice, chaque récit faisant subtilement écho à un autre. Tantôt ce sont des lieux dans lesquels nous revenons telles ces allées du jardin du Luxembourg, tantôt des personnages qui réapparaissent, tantôt des thèmes comme celui des années qui passent et la façon dont les souvenirs se présentent à nous. Autant de morceaux de vie qui reconfigurent le réel autour d'un point de vue, mais aussi par le prisme du souvenir, comme dans l'oeil du kaléidoscope. Autant de doubles du personnage de l'architecte décédé, mais aussi de l'écrivain...
    Le dernier roman de Paul Andreu résonne comme un texte étrangement prémonitoire (il est mort quelques mois après l'avoir achevé). La justesse de son regard, la douce mélancolie qui s'en dégage, tout comme le sourire bienveillant et distancié de l'écrivain que l'on devine par endroits, en font un texte lumineux.

  • Enfin

    Paul Andreu

    Grâce à lui, elle était heureuse. Il aurait aimé qu'elle le lui dise. C'était sans doute impossible. Il tentait donc de bannir de son coeur toute revendication égoïste d'attention ou de reconnaissance. Quand il y parvenait, son bonheur grandissait.
    Ils vivent seuls et enfermés. Elle dans ce quartier dont les murs viennent au secours de sa mémoire défaillante. Lui dans le secret d'un appartement envahi de romans. Ils n'attendent rien, ils redoutent comme un danger le moindre changement. C'est par hasard qu'ils se rencontrent. L'un comme l'autre se défendent contre la tentation de se connaître puis, petit à petit, se laissent entraîner, s'abandonnent. Elle lui confie sa mémoire. Il accepte de l'habiter. Elle parle, au risque de l'oubli. Il découvre le bonheur de prendre soin d'elle, chaque jour un peu plus. Jusqu'à organiser ce voyage qu'ils feront ensemble à la recherche d'un premier souvenir - bonheur ou blessure - qui jusque-là était resté enfoui en elle.

  • Qui est le narrateur ? Où se trouve-t-il ?
    On ne le saura pas mais on l'accompagnera dans un parcours incertain et douloureux.
    Il tente de comprendre les bruits qui viennent jusqu'à lui, il se souvient d'instants désormais séparés et peu à peu se dessine la géographie intérieure d'un monde recomposé.
    Ce monde mouvant se perdra sans s'achever dans la lutte de la conscience et du temps.
    La langue subtile et lumineuse du récit de Paul Andreu trace les contours apaisés de l'archipel de la mémoire avant qu'il ne sombre dans le débordement de l'eau.

  • Archi-mémoires

    Paul Andreu

    « C'est arrivé d'un seul coup, j'ai décidé de devenir architecte. La science, l'art, les deux m'attiraient. Pourquoi pas l'un et l'autre ? N'y avait-il pas des lieux de confluence ? L'architecture, sans doute parce que j'en ignorais absolument tout, m'a paru être l'un d'eux. C'est ainsi que je l'ai découverte, puis aimée. J'ai compris qu'on n'était jamais architecte, pas plus qu'on n'est peintre ou poète, mais qu'on pouvait chaque jour le devenir un peu plus. Voilà, c'était il y a cinquante ans. J'ai beaucoup parcouru le monde, dessiné, construit, écrit. Le désir ne m'a pas quitté. Il me faudrait deux ou trois vies de plus. » P. A. Paul Andreu est l'architecte qui a notamment réalisé l'aéroport de Roissy. Il a également signé le musée maritime d'Osaka et l'Opéra national de Pékin. Lauréat de nombreux prix, en particulier le Grand Prix national d'architecture (1977) ou encore le Grand Prix du globe de cristal (2006), il est membre de l'Académie des beaux-arts. 

  • La maison

    Paul Andreu

    Peut-être que s'il n'avait pas revu la maison de son enfance, un soir par hasard, à l'aube de ses soixante ans, Paul Andreu n'aurait jamais écrit ce livre. Il aura fallu qu'il repasse par cette ville où il a grandi, qu'il s'impose le détour imprévu pour que tout resurgisse : les odeurs, les sons, les jeux, les règles et les secrets bien sûr. 
    On connaît le travail considérable de Paul Andreu architecte (de l'Opéra de Pékin au Musée Maritime d'Osaka, de l'Oriental Art Center à Shanghai à une trentaine d'aéroports à travers le monde...), on découvre ici un écrivain de l'intime et du particulier. Le meilleur chemin, sans doute, pour atteindre l'universel. 
    La maison de Paul Andreu n'est pas celle qu'il a toujours rêvé de construire mais celle qui l'a construit.

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